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Le commerce équitable est une branche du commerce mondial qui a vu le
jour en Europe et aux Etats-Unis au milieu des années 60. Comme son nom
l'indique, il tente de réintroduire dans les échanges commerciaux une
équité en voie de disparition.
L'inéquité
Avant de s'intéresser au commerce équitable, il faut comprendre ce qui
motive son apparition sur l'échiquier infernal de la mondialisation.
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Le capitalisme s'est développé entre le 14ème et le 15ème siècle,
notamment au moment des expéditions occidentales dans les Amériques qui
a permis la constitution de capitaux fournis à partir des richesses
pillées (et plus tard avec les colonies). A cette époque, les
révolutions morales et religieuses libèrent les moeurs (jésuitisme,
protestantisme...) et le prêt à intérêt, jadis interdit par l'Eglise
chrétienne toute puissante, devient courant. Marx considère que le
capitalisme n'a pu prendre son essor au 18ème siècle avec la crise de
la féodalité et la mutation des serfs en « travailleurs itinérants »,
c'est à dire en salariés livrés à la bourgeoisie, qu'à partir de cette
« capitalisation primitive », surplus réinvesti dans l'entreprise une
fois advenue la rencontre avec le prolétaire « errant », chassé de sa
campagne (exode rural, révolution industrielle...).
Le libéralisme, lui, prétexte que les rapports marchands sont des relations parfaitement égalitaires, saines et naturelles.
La situation économique actuelle tend a donner raison à Marx. En effet,
les rapports commerciaux sont tout sauf égalitaires puisqu'ils sont
devenus la principale source de domination. C'est en termes de PIB que
l'on mesure la différence entre les « puissances », « super-puissances
» et pays du « tiers-monde » ou du « quart-monde » dans les livres de
géographie.
L'inéquité combattue par le commerce équitable est donc celle entre «
pays riches » et "pays pauvres", entre « exploitants » et « exploités
».
Voici un exemple de ce que peut donner dans le cadre de la
mondialisation un échange égal, sain et naturel entre une offre et une
demande :
« Concrètement, dans quels secteurs le commerce vous semble-t-il inéquitable
Aminata Traoré [ndlr,
ancienne ministre de la culture au Mali] : Prenons l'exemple du coton
dont le commerce est scandaleux. Pendant quarante ans, la France a
exhorté ses anciennes colonies de la région à en produire. Ces Etats
ont alors consacré l'essentiel de leurs efforts en matière de
développement de l'agriculture à la production et à l'exportation du
coton, sans grande possibilité de transformation au niveau local. En
dépit de son sous équipement et de sa faiblesse technologique, le Mali
avait réussi, avec 600 000 tonnes de coton par an, à se hisser au rang
du premier producteur africain (place occupée actuellement par le
Burkina Faso). Localement, certes, le secteur n'a pas été bien géré
mais surtout, le prix du coton sur le marché mondial a baissé et baisse
au fur et à mesure que la production cotonnière grimpe. Face à cette
situation nos « partenaires », en l'occurrence la Banque Mondiale,
pousse l'Etat à se désengager de la plupart des services que la société
cotonnière assurait aux paysans. Dans le secteur du coton, nous devons
permettre aux milliers de tisserands maliens de transformer localement
une partie de notre coton, de changer les attitudes et le regard des
consommateurs sur ce coton pour relancer l'emploi, redynamiser le
marché intérieur et exporter ce coton investi d'un savoir local et de
sens. »
Partant de ce triste constat que les acteurs de l'économie occidentale
abusent de leur position privilégiée vis à vis des pays défavorisés,
les associations du commerce équitable projettent de venir en aide aux
producteurs du Sud en modifiant les termes de l'équation de l'échange.
Elles leur prodiguent un « revenu équitable », supérieur à la moyenne,
qui leur permet de vivre « décemment », de sortir de la misère et de la
dépendance économique. Ainsi, le commerce équitable fournit une aide
financière qui améliore directement la situation matérielle des
populations du Sud mais il leur propose paralèllement un cadre
professionnel alternatif, durable et égalitaire.
L'histoire
C'est en 1957 que se font entendre les premières revendications des
producteurs mexicains du café pour la fixation d'un prix équitable.
En 1964, on parle du commerce équitable à la CNUCED (Conférence très
officielle des Nations-Unies pour le Commerce et le Développement) -
"Trade, not aid".
Entre les années 70 et 90, l'ONG anglaise Oxfam et l'association
néerlandaise Max Havelaar (créée par deux prêtres) reprennent le
flambeau de la contestation qui se mondialise, elle aussi.
En France, l'association Artisans du Monde ouvrent les premières
boutiques de commerce équitable. Leur démarche est indépendante et
inspirée par l'Abbé Pierre.
Dans la décennie 1990-2000, des plates-formes nationales et
internationales de commerce équitable se mettent en place. Le mouvement
est piloté par les organismes d'origine : Max Havelaar, Artisans de
Monde, etc...
Les acteurs
Contrairement au bio, le commerce équitable ne fait pas l'objet
d'une norme nationale ou internationale officielle. Sa gestion est
entièrement associative. Cela rend l'information sur le commerce
équitable éventuellement plus trouble, ou au contraire plus libre. En
tout cas, les structures du commerce équitable sont disséminées dans un
tissu associatif hétérogène où les états d'esprit divergent. Labels,
distributeurs, associations militantes et politiques d'information,
grande distribution, producteurs se côtoient sans forcément tomber
d'accord sur la communication à faire et les méthodes à utiliser.
Max Havelaar est le principal « label » de commerce équitable. Artisans
du Monde, Andines sont des associations qui pratiquent, en
collaboration directe avec les producteurs du Sud le commerce de
produits équitables en marge de la grande distribution.
Elles présentent les mêmes garanties que Max Havelaar, parfois
supérieures, et offrent des produits plus diversifiés. Cependant elles
ne peuvent certifier des conditions équitables de production pour
d'autres produits que ceux de leur vitrine. C'est ce qu'on appelle la
filière intégrée.
La démarche de labellisation entamée par l'association Max Havelaar
(filière labellisée) permettait de donner de l'ampleur au commerce
équitable. Le principe est que l'association se pose en organisme de
contrôle et de certification du caractère équitable d'une production de
provenance quelconque. Cela permettait à tous les acteurs de l'économie
de s'orienter vers le commerce équitable s'ils le voulaient. C'est
ainsi que Max Havelaar a développé des partenariats avec la grande
distribution.
Un problème repose ici sur le statut très flou du label. Faute
d'engagement institutionnel, Max Havelaar ne peut être qu'un label «
autoproclamé » donc littéralement, illégal. Il n'est soumis à aucune
contre-expertise. Le label peut tout aussi bien se résumer à une
contrainte morale de façade qui cache des magouilles et des
arrangements entre les supermarchés et quelques types heureux de se
remplir les poches. Ceci dit, le label a le mérite de faire parler du
commerce équitable et d'avoir porté le pourcentage de citoyens
concernés de 5 à 74% en une dizaine d'années.
Transfair international en Allemagne et Fairtrade Labelling (FLO) à
l'international sont deux autres labels de commerce équitable. Ils ne
sont pas indépendants de Max Havelaar puisqu'ils sont issus de sa
structure.
Le fonctionnement
En 1998, le Consensus FINE a rassemblé tous les acteurs du commerce
équitable. Ensemble ils ont élaboré une définition du CE et des
objectifs officiels :
« Le commerce équitable est un partenariat
commercial fondé sur le dialogue, la transparence et le respect dans le
but de parvenir à une plus grande équité dans le commerce
international. Il contribue au développement durable en offrant de
meilleures conditions d'échanges et en garantissant les droits des
producteurs et des travailleurs salariés, en particulier ceux du Sud.
Les organisations du commerce équitable (soutenues par
les consommateurs) s'engagent activement à appuyer les producteurs, à
sensibiliser l'opinion publique et à mener campagne pour des
changements dans les règles et les pratiques du commerce international
conventionnel »
Les garanties du Contrat Equitable sont les suivantes :
Un retard français
La France montre peu d'intérêt pour le commerce équitable alors que les pays du Nord de l'Europe sont de vrais fans :
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Pays
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Part du chiffre d'affaire du CE en millions d'euros
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Allemagne
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101
|
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Pays-Bas
|
71, 5
|
|
Suisse
|
51
|
|
France
|
9, 7
|
Source : EFTA (regroupement de labels CE), rapport 2001
En 1997 tous les acteurs pour le commerce équitable ont adhéré à une
Plate-forme pour le commerce équitable. Suite à des différends, un
schisme s'est produit et le courant « MINGA » est né.
MINGA est un courant plus politique et plus généraliste que celui de
la PFCE. Les membres de MINGA rejettent la coopération avec les grands
groupes de distribution. Association moins technique, MINGA ouvre le
débat, soutient financièrement des entreprises équitables, forment des
professionnels au commerce équitable et lie au thème de l'équité celui
de la démocratie.
Le commerce équitable ne se contente pas d'améliorer le revenu
minimal des producteurs du Sud. Il leur propose des conditions de vie
et de travail dignes et sereines en s'engageant en faveur du
développement durable, en finançant des plans sociaux, en inscrivant
une relation commerciale dans la durée et sans rupture conjecturelle.
Il founit également aux consommateurs du Nord des produits de qualité
et proches du bio.
Le soutien au commerce équitable est l'un des objectifs du
Millénaire et s'inscrit dans le cadre de la Stratégie Nationale
française de Développement durable.
En 2006, grâce à l'AFNOR, le gouvernement a fini par créé une
Commission Nationale du commerce équitable qui reconnaît publiquement
ses activités et devrait a posteriori jouer un rôle régulateur entre
les labels.
Le Ministre des PME, du commerce, de l'artisanat, des professions libérales et de la consommation a rédigé quarante propositions de soutien au développement durable.
Le commerce équitable représente 0, 1 % des échanges entre l'Europe et le Sud. Sa croissance annuelle est de 50%
Types de produits commercialisés équitablement :
épices, café, thé, quinoa, jouets, vêtements, riz, cérales, fruits (bananes...)...
Sources.
Artisans du Monde
10 critiques adressées au commerce équitable
http://www.minga.net/
http://www.maxhavelaarfrance.org/
Un exemple : Tudo Bom, des vêtements équitables
CE et éco-design : les t-shirts équitables de Monsieur Poulet
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